Le bon vieux temps c'est maintenant...
Photos, expériences, expéditions, reportages § analyses entre le bout du monde et le pas de ma porte
Signer mon livre d'or Faire connaître mon blog Me contacter par mail Flux RSS
Thèmesabiétinée arboretum climat demenagement electricité ozone deforestation eau energie foret lobaria pulmonaria malzéville
Rubriques
>> Toutes les rubriques <<
· Développement durable (4)
· Divers (10)
· Sénégal 3 au 13 mars 2009 (1)
· Voyage au Quèbec été 2008 (38)
enfin je repasse faire un petit tour, on peut dire que j'avais pris un sérieux retard! on s'abandonne facileme...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 15.11.2009
salut vincent,
ça me fait plaisir que l'article t'ai plu. mais ne t'inquiète pas il n'y a aucune honte à avoir...
(Voir la suite)
Par heypim, le 12.11.2009
j'adore ton analyse, j'ai pas pu m'enpecher de lire jusqu'a la fin !! beau lien avec la "crise" actuelle. @++...
(Voir la suite)
Par Vincent, le 12.11.2009
* protection anti-vol vélo, j'ai équipé mon vélo couché de wheelguards : http://www.ore don.com/produi ts/anti...
(Voir la suite)
Par Vincent le gloppeu, le 02.11.2009
bonjour,
merc i pour les commentaires.
pour le pompage n'oublie pas de citer l'auteur.
en plus vincent ess...
(Voir la suite)
Par Pim, le 23.10.2009
j'espère que tu ne m'en voudras pas si je pompe sur ton fil ;)...
(Voir la suite)
Par Vincent le gloppeu, le 22.10.2009
bien vu, avec tous mes encouragements ....
(Voir la suite)
Par Pap., le 21.10.2009
bonjour armand,
je te remercie pour ta visite.
tu as raison de souligner le rôle déterminant du csl dans la ...
(Voir la suite)
Par Pim, le 21.10.2009
parcourant ton blog en curieux, lorrain et intéressé, j'y découvre ta description de la pelouse calcaire de de...
(Voir la suite)
Par Armand Bemer, le 21.10.2009
hey oliv'
je commence par te souhaiter un bon anniversaire (je crois que c'est aujourd'hui).
pour ce qui es...
(Voir la suite)
Par Pim, le 13.10.2009
yo, tu aurais du revenir pendant la saison des pluies qui a été terrible ici, des inondations à gogo dans les ...
(Voir la suite)
Par Olivier, le 11.10.2009
hello sam,
merci pour le commentaire. j'étais au sénégal pour des vacances au soleil, et me conforter dans l'...
(Voir la suite)
Par Pim, le 06.10.2009
tu m'etonneras toujours mr. mengin. quelle verve! c'est drôlement bien écrit tout ça. et je sais maintenant ce...
(Voir la suite)
Par Samuel, le 06.10.2009
hello le gloppeur,
tu peut commencer par t'inviter à la crémaillère le 1er octobre ;-)
sinon il n'y a pas de...
(Voir la suite)
Par Pim , le 25.09.2009
juste pour dire que je m'invite dès que je peux :)...
(Voir la suite)
Par Vincent le gloppeu, le 24.09.2009
· Visite de Rimouski
· Sarcleur de tourbière !!!
· Mesure des flux de carbone
· Descente de la rivière Jacques Cartier
· Grâce matinée
· Mes Aïeux
· Carte soleil
· Voyage au Canyon des portes de l'enfer
· Samedi soir chez Odette,
· Universite Laval
Date de création : 06.07.2008
Dernière mise à jour :
12.11.2009
57
articles
· le site de jean marc jancovici
· le site des cowboys fringants
Image Internet. Collé sur la boite au lettre, un simple petit autocollant « stop pub » permet d’empêcher les gaspillages mais surtout de se protéger du bombardement publicitaire incitant à profiter de produits géniaux, tous plus inutiles les uns que les autres.
Donnons-nous l’énergie de changer notre quotidien
On efface tous les jours des dizaines de mails inutiles ! Mais heureusement, à coté de la frénésie des boites de réceptions électroniques subsistent les vraies boites aux lettres. La semaine dernière, un ami réfractaire à Internet m’envoyait par la poste un article du monde (sur la dématérialisation et la numérisation de la BNF par Google) en stipulant sur l’enveloppe « vive les factures et le courrier papier ». Et il avait raison ! Quel plaisir hier soir de découvrir ce que le facteur m’avait apporté : des pubs pour Auchan, Le républicain Lorrain et […] ma facture EDF.
EDF […] Mon plus fidèle ami postal ! Si mon facteur, distributeur de cartes postales et de lien social, va bientôt disparaître (+++), la distribution d'énergie elle, n'est pas prête de s'arrêter! A nous de bien choisir notre distributeur. L'inconscient collectif pousse à choisir EDF. Une sorte de vilaine habitude de penser que l’on n’a pas le choix.
La mise en ligne la semaine dernière du site « énergie-info » (+++) permet de comparer simplement et rapidement les offres qui s'offrent à nous en matière énergétique (gaz et électricité). Il ne faut pas cinq minutes de navigation pour s'apercevoir qu’EDF n'est pas le distributeur idyllique que l'on s'était imaginé. D'une part les tarifs proposés par la célèbre entreprise ne sont pas les plus intéressants et d'autre part comme l'on pouvait s'y attendre ses offres ne sont pas des plus écolos. Bien sur, ce dernier point suppose que l'on soit convaincu comme moi de la nocivité du nucléaire (78 % de la production électrique française [...]).
Actuellement la France possède 58 réacteurs nucléaires. En ce début d'hivers, 18 unités sont hors service contre 5 ou 6 en temps normal. Les premières neiges sont tombées, le froid arrive et le gaspillage occasionné par les fêtes de fin d'année s’amplifie. Il ne fait aucun doute que les pics de consommation vont encore atteindre des sommets cet hiver. Les médias ont parfois raison : dans les prochains mois notre pays va manquer d'électricité! Comment faire face? Le souvenir de la dinde que l’on n’a pas pu cuire en 1999 lors des coupures électriques consécutives à la tempête est dans toutes les têtes.
Prévisible, cette pénurie n’a en apparence aucune raison de nous alarmer. Nos voisins européens vont en échange de quelques millions d'euros, nous vendre la précieuse énergie indispensable à l'accomplissement de tout nos excès. Tout ira alors pour le mieux dans le meilleur des mondes! Est t’il utile de préciser au passage que cette électricité proviendra à 100% de centrales à énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon) donc émettant directement des gaz à effet de serre. Qui a dit que la politique française du « tout nucléaire » était propre ?
En tant normal (quand nos réacteurs fonctionnent) les pics de consommation sont absorbés par la production de centrales émettant de grande quantité de CO². Afin d’éviter d’importer à nouveau de l’électricité dans les années à venir, la France va construire de nouvelles centrales essentiellement au gaz). A chaque problème sa solution […] Sauf qu’ici la solution paraît un peu trop évidente pour être honnête. Au moment de faire le bilan du protocole de Kyoto et de se fixer des objectifs de réduction de GES (sommet de Copenhague en décembre) on décide de construire des usines à CO² […] En Lorraine, deux exemples illustrent ce décalage entre un discours officiel habillé de vert et des réalisations concrètes environnementalement prédatrices. D’un coté Poweo qui construit une centrale au gaz à Toul (54) (+++) et de l’autre Direct-Energie qui en projette une deux fois plus grosse à Hambach (57) (+++).
Prévu pour fonctionner 8000 heures par an, le projet mosellan est un fléau environnemental. Pour faire preuve d'originalité je passerai volontairement sur les 2 millions 644 000 tonnes de CO², les 1920 tonnes de NOX ou les 384 tonnes de particules fines que la centrale émettra chaque année et m'intéresserai à l'eau.
Une centrale électrique ne peut fonctionner sans une grande quantité d'eau. Celle de Hambach pompera le précieux liquide dans la Sarre à hauteur de 1 100 m3/h. A la sortie de l’usine seulement 300 m3 seront restitués à la rivière. Mais où seront passé les 800 m3 manquant ? Eh bien ils se seront évaporés (c'est le cas du dire) sous forme de vapeur risquant ainsi de perturber significativement le climat local[...] Perturbation du climat, mais aussi des écosystèmes aquatique qui disposeront alors d’une eau moins abondante et chauffée à 30°C. Une sorte de Calodaé pour poisson !
La construction de ces nouvelles centrales engage notre avenir. Dans quel monde voulons-nous vivre demain ? Comme pour les poissons de la Sarre, si l’on continue dans cette direction notre biotope va inévitablement prendre des degrés […] Le double langage des décideurs qui d’un coté prônent les énergies renouvelables et en sous main construisent des centrales thermiques en dopant parallèlement le nucléaire n’est pas acceptable.
Il serait cependant injuste de trop noircir le tableau et rejeter complètement la faute sur les politiques. De nombreux projets éoliens ou solaires germent un peu partout sur le territoire. Sous l’impulsion d’incitations financières, de nombreuses personnes se lancent dans l’isolation de leur logement. Le drame est que ces initiatives ne servent en rien à remplacer nos centrales polluantes et arrivent à peine à combler la croissance exponentielle de notre demande en énergie !
La technique ne sera jamais LA solution miracle ! Si nous ne modifions pas nos modes de vie et nos habitudes il sera difficile d’abandonner nos vieilles centrales polluantes. Avoir au quotidien un comportement plus économe, évitant les gaspillages et résistant à la surconsommation est certainement le point de départ rendant possible une mutation énergétique.
Arrêtons de vivre au-dessus de nos moyens ! Adopter une attitude plus sobre nous permettrait certainement de ne plus vivre à crédit et peut être de s’épanouir autrement que par la surconsommation. Le nouvel an et son lot de bonnes résolutions approche. Est-ce peut-être l’occasion de redécouvrir des petits plaisirs aussi simple que recevoir une lettre ou un courrier par la poste ;-) ?
Pim
Photo : Pim août 2008. Mon VTT n'aura pas eu le temps de traverser les âges à l'image du vieux vélo que Gilles m'avait prêté lors de mes expéditions québécoises.
C'est la crise dans les transports !
« La disparition jeudi 29 octobre 2009 du vélo a Pim reste un grand mystère! Attaché mercredi 28 octobre au lieu dit « porte de la Craffe » à Nancy, le deux roue ne s'y trouvait plus le lendemain. Engagées dès la constatation de la disparition, les recherches n'ont pas abouties. De sources proches du dossier il semblerait que les chances de retrouver le VTT sont désormais proche de zéro. Les recherches sur le terrain ont d'ailleurs été stoppées dans l'attente que de nouvelles informations puissent relancer l'affaire... »
Voici en substance ce que l'on pouvait lire à la rubrique faits divers du quotidien imaginaire « Heypim Matin ». On l'aura compris je me suis fait voler mon vélo! Me voilà réduit à la marche à pied et cela ne va pas être facile de faire le deuil de mon VTT ! Je me sent même un peu coupable d'avoir laissé mon fidèle destrier à la merci de la dangerosité nocturne de la vieille ville Nancéenne.
Cependant, personne n'est irremplaçable et à chaque problème sa solution! Il s'agit désormais de relever la tête ; de mettre l'émotion de coté et de garder les idées claires pour prendre les bonnes décisions. J'habite Malzéville, je travail à Nancy, je suis piéton et mes semelles de chaussures sont déjà bien usées. OK c'est un fait, lacrise est là!
Mais« crise » ne rime pas forcément avec« obstacles insurmontables ». Pour dépasser une crise deux écoles s'opposent :
La première consiste à obtenir coûte que coûte un retour à une situation équivalente à celle qui prévalait avant la crise. Il s'agit de donner des médicaments pour guérir le mal et reprendre les bonnes vielles habitudes en attendant qu'il revienne. Dans ma situation cette méthode consisterait à acheter un nouveau vélo (de préférence le même) sans rien changer de mon quotidien.
La seconde vise à réfléchir au problème et à se remettre en cause. Elle consiste à trouver un vaccin qui atténuera les effets de la crise si elle se présente à nouveau. Dans le cas de la disparition de mon vélo il s'agirait de cogiter pour réduire les conséquences d'un éventuel prochain vol voir d'éviter que cela ne ce reproduise.
La première école a inspiré la façon dont les gouvernements occidentaux ont gérés la récente crise financières. A ce titre elle a été largement étudiée et critiquée. Préférant innover, j'essaierai à titre expérimental de surmonter la crise que je traverse en appliquant les préconisations de la seconde école.
On définit traditionnellement le risque commele produit entre l'intensité de l'aléa et lavulnérabilité des enjeux soumis à cet aléa. Ici l'aléa est le vol. L'insécurité croissante et la montée de l'individualisme au sein de notre société rend à mon niveau difficile la possibilité d'en réduire l'intensité. La solution sera donc de diminuer ma vulnérabilité face au vol.
Outre l'aspect sentimental ce qui m'a le plus touché dans cette mésaventure c'est que ma liberté de déplacement s'est brusquement réduite (à pied on ne va pas bien loin!). Il faut donc que je me donne la possibilité d'élargir mon panel de moyens de locomotions. Il est nécessaire que mes déplacements ne soit pas à 100% dépendant du vélo. Bref : Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ! Au travers de cet article je vais essayer de passer en revue les principales possibilités qui s'offrent à moi.
Le 4X4 ??? Me procurer un véhicule 4x4 serait un moyen de retrouver une partie de la liberté que j'avais avec mon VTT. Monter sur les trottoirs ou aller se promener en forêt ne serait en effet pas un problème. Bien que de plus en plus utilisé en ville […] je compte au moins trois points qui le disqualifient. Tout d'abord ce n'est pas écologique (bilan carbone pitoyable, pollutions sonores...) ; c'est ensuite une véritable pompe à fric (achat, essence, entretien...) et enfin c'est beaucoup trop gros pour prendre les sens interdits et griller les feux rouges.
Une voiture ??? J'aurais du y penser plus tôt !! Posséder une voiture est une solution tellement banale que ça ne m'avait pas traversé l'esprit ;-) Mais lorsque l'on y réfléchit, avoir son propre véhicule n'apparait pas comme une évidence. J'habite pas très loin du bureau, dans une rue commerçante (boulangers, bouchers, coiffeurs, banques, pizzerias, fleuristes...) et à coté d'un arrêt de bus. A cela s'ajoute l'absence de place de parking ! Si posséder ma propre voiture ne semble pas être la meilleure solution je ne peut pas non plus ignorer l'utilité qu'offre une auto. Papa/Maman habitent à la montagne, changer ma bouteille de gaz nécessite d'avoir un coffre et j'aime bien partir en vacances dans des coins paumés ! Le co-voiturage, les systèmes de location et l'auto-partage sont des concepts que je doit approfondir.
Les transports en commun ??? Jusqu'à aujourd'hui je ne prenais jamais les transports en commun en ville (à part quelques crampes, mes mollets n'ont jamais fait grève). C'est à mon avis une erreur ! Le réseau « stan » (malgré ses défauts) a le mérite d'exister. Me renseigner sur les grilles horaires et prendre un abonnement (pass Stan, carte simplicité...) seraient certainement le début d'une nouvelle liberté.
Un nouveau vélo ??? Mon addiction au deux roues non motorisés m'impose de retrouver en urgence une nouvelle monture. Quelques arguments pourraient pourtant m'inciter à moins pédaler. Nancy n'est pas une ville adaptée pour les cyclistes et les voleurs rodent toujours. La ville durable, tant rêvée par la municipalité, où le vélo est roi, n'est pas une réalité. A cela s'ajoute la spécificité du climat Lorrain et l'approche de l'hiver qui ne laissent pas augurer des jours heureux pour les cyclistes. Personne n'est en sucre, mais arriver au boulot tout mouillé ne m'enchante pas.
Un peu d'exotisme ??? Au détour d'un trottoir il est de moins en moins rare de voir des gens se déplacer en roller, en trottinette voir en skate board. Des solutions originales que je testerai à nouveau l'été prochain malgré que mes essais ont échoués au mois de juin...
Des bonnes chaussures ??? : La marche à pied reste le moyen de transport le plus écologique et économique sur petite distance (après ça coûte cher en barres énergétique). J'y vois seulement deux inconvénients : la lenteur du déplacement et la confrontation directe avec la publicité qui est omniprésente sur les vitrines et autres panneaux d'affichages. Quoique profiter de cette remise en cause pour aller faire du « lèche vitrine » et remplacer mes chaussures d'été toutes usées serait une excellente initiative.
Un abonnement Internet ???: Il s'agit de l'ultime solution! Devenir un geek accroc à la toile d'araignée numérique géante. Livraison des courses, discussions virtuelles, télétravail... Internet me permettrait de ne plus avoir à mettre le nez dehors et d'être quitte de me torturer l'esprit avec un article comme celui-ci. Une solution inimaginable pour la simple raison que 50 m² c'est un peu petit pour tourner en rond et que je n'ai pas envie que mon plan de relance sur les déplacements m'empêche de boire un verre en ville, d'aller au caméo ou de casser les pied aux bibliothécaires de la médiathèque.
Aucune solution n'est idéale ! Cette analyse conclus que la meilleure réponse à la crise passera par l'association de plusieurs possibilités parmi celles évoquées plus haut. Faire des choix, hiérarchiser et définir des priorités tout en écartant aucune piste catégoriquement seront les ingrédients du savant mélange proche de la solution idéale. En conclusion et pour synthétiser mon étude j'ai décider de prendre cinq résolutions qui devraient me permettre de dépasser par le haut ma crise des transports :
Me doter d'un abonnement au réseau de transport collectif
Trouver un autre vélo
Acheter une paire de chaussure
M'équiper en matériel de protection individuel : antivol, parapluie, gants...
Me renseigner sur le co-voiturage, l'auto-partage et les systèmes de location de voiture
A chaque plan de relance ses échéances : je me suis fixé le 31 décembre 2009. Enfin, pour renforcer ma démarche vers un déplacement plus écologique j'ai décider de m'associer aux débats sur les déplacements lorsque des occasions se présenteront au sein de l'agglomération. Il ne suffit pas de critiquer il faut aussi savoir IMAGINER et PROPOSER.
Pim
Photo : google Earth, L'agglomération Nancéenne vue par satellite, un espace urbanisé dont le fonctionnement dépend de ses périphéries (réseaux, forêts, bassins, champs...)
A l’occasion d’une réunion d’Europe Ecologie il m’a été donné l’occasion de m’exprimer sur le thème de l’urbanisme. Je me suis pris au jeu d’introduire le débat. Le sujet est vaste mais y réfléchir est un exercice intéressant invitant à réfléchir sur la société dans laquelle on vit et le monde dans lequel on aspire à vivre. Je reprends dans ce billet le fil conducteur que j’avais préparé pour mon intervention. Uneréflexion sur notre quotidien et une invitation à voyager dans un futur plus écologique. Bonne lecture ;-)
<< [ ...]
Urbanisme et Aménagement soutenable des Territoires
On définit par urbanisme la discipline traitant de l’organisation de la ville et des territoires qui en dépendent. L’urbanisme est une discipline transversale en étroite collaboration avec les sciences humaines, les sciences sociales, les sciences économiques et les sciences environnementales. Elle est par conséquent au cœur de la notion de développement soutenable telle que décrite en 1987 par le rapport Bruntland.
Partant du constat que plus de la moitié de la population mondiale vit en ville l’urbanisme se pose comme l’une des pierres angulaires du développement de nos sociétés modernes. On se doit d’y prêter une attention toute particulière. Les enjeux liés à la façon dont l’urbanisme se décline sur un territoire intéressent l’ensemble de la société et attirent toutes les convoitises.
Les récentes polémiques et le tapage médiatique sur la nomination de Jean Sarkozyà la tête de l’EPAD (Etablissement Public d’Aménagement de la Défense) avec en toile de fond ledébat sur le grand Paris illustrent l'intérêt porté à l’urbanisme et plus généralement à l'aménagement des villes.
L’urbanisme est la transcription physique dans l’espace et dans le temps de stratégies d’aménagements territoriales. La manière d’organiser l’urbanisme sur un territoire révèle du projet de société qui est porté par les responsables politiques et met à l'épreuve plus qu'ailleurs leurs capacités d'anticipations et d'innovations.
La discipline qu’est l’urbanisme révèle les succès et les erreurs d’aménagement passés en augurant les dynamiques ou les dysfonctionnements du futur. Elle structure nos modes de vie et conditionne l’organisation de la société. L’étude est non seulement spatiale mais aussi temporelle.
Je structurerai ma prose en commençant par un rappel de la façon dont l’urbanisme évolue. Je m’interrogerai ensuite sur ce qui rend écologique et durable un projet urbanistique. Ma conclusion essaiera de donner des pistes de réflexions pour ouvrir la discussion. Je m’efforcerai à chaque fois de placer mes propos à l’échelle de l’agglomération mais aussi du contexte régional. L’échéance des éléctions régionales du mois de mars impose d’avoir une réfléxion aboutie sur ce sujet.
L’objet de mon intervention est simplement d’ouvrir le débat et de proposer des pistes de travail. La discussion qui suivra, enrichira les thèmes proposés. La réflexion sur l’urbanisme se doit d’être une action collective débouchant sur des conclusions partagées.
-----------------------------------------------------
La ville est souvent opposée à la campagne, pourtant les deux sont intimement liés par des mécanismes d’interdépendances. L’agriculture des campagnes nourrissant la population de la ville en est le premier exemple. L’urbanisme organise et programme l'équilibre villes / campagnes. Les révolutions agricoles et industrielles successives depuis le début du 19éme siècle ont permis à la ville de s’étendre en gagnant du terrain sur la campagne. Une conquête irréversible du béton sur la terre ! Est-ce la destruction d'un bien commun ou une valorisation, au service de l'humanité, d'espace inutile ? Cela dépend, mais aujourd'hui tout pousse à pencher pour la première solution. La croissance des surfaces urbanisées est exponentielle et ne cesse de s’accélérer. Lotissements, centres commerciaux, zones de loisirs… fleurissent à la périphérie des villes et entraînent avec eux leur lot de problèmes environnementaux (pollution…), sociaux (ghettoïsation…) et économique (coût de gestion démesurés…).
Il serait dangereux de penser que l’urbanisme ne se mesure qu’en termes de surface bâtie et en nombre de construction. L’extension des surfaces urbanisées ne peut être dissociée de l’extension des réseaux. Réseaux d’eaux, d’assainissements, d’électricités, de télécommunications, […] et bien sur de transports. Il s’agit de faire fonctionner la ville en elle-même, mais aussi de lui permettre de communiquer avec celles qui l’entourent. S'alimenter en énergie, rejeter ses déchets, s'informer, [...] autant d'exemples qui prouvent que la ville dépend de ses périphéries.
La croissance des villes multiplie les réseaux et les réseaux multiplient les possibilités d'extension de la ville. Une sorte de cercle vicieux qui dévore les terres arables et banalise des territoires naturels rendus stériles. A quoi ressemblera le sillon Lorrain dans 10, 15 et 30 ans ??
On peut noter enfin l’architecture et les techniques de construction qui sont indissociables des réflexions sur l’urbanisme. Les préoccupations actuelles sur les performances énergétiques des bâtiments illustrent l’importance qu’il faut y apporter.
La révolution écologique que nous tentons de faire fructifier invite à repenser l’urbanisme et à freiner les dérives constatées ces dernières années. Proposer un projet de société implique de proposer un système d’urbanisation fonctionnel et cohérent.
-----------------------------------------------------
La surface urbanisée tout d’abord. Chaque année en Lorraine 600 hectares de zones agricoles et naturelles disparaissent. Cette artificialisation croissante des sols nuit et met en danger la biodiversité du territoire. Avec prés de 10% de surface artificialisée, la Moselle est l’un des départements Français les plus urbanisés. La forêt Vosgienne permet de ramener la moyenne régionale à 5.7%. Parmi les espaces artificialisés ce sont les tissus urbains discontinus qui sont les plus représentés. Il est intéressant de noter que l’étalement urbain est supérieur à l’augmentation de la population. L'organisation de notre société serait elle de plus en plus vorace et prédatrice ??
Autre thème, l’organisation des transports. Les réseaux routiers qui conduisent à accélérer l’étalement urbain banalisent toujours plus les zones d’habitats, de loisirs, d’activités et de commerces. Réduisant les distances temps, l’augmentation du nombre de route et de leur capacité encourage l'artificialisation des paysages. A l’inverse de la route, le rail entraîne une concentration de l’habitat autours des gares. Un phénomène de relocalisation et de densification qu’il serait souhaitable d’encourager tant il se rapproche d’une vision écologique de l’urbanisme (la condition est de prendre garde à ce que le réseau ferré n’ignore aucune unité urbaine ce qui entrainerait l’isolement des secteurs oubliés). L’urbanisation liée aux stratégies d’aménagements des réseaux routiers ou ferroviaires voir fluviaux et aériens touche pleinement nos préoccupation régionales. La gare de Vandière, le doublement de l’autoroute, la gestion de l’aéroport sont des sujets au cœur de l’actualité où les choix stratégiques qui seront décidés conditionneront pour les décennies à venir le fonctionnement de la Lorraine.
Les centres commerciaux et leur multiplication en périphérie des villes sont aussi un phénomène incontournable. Néfaste pour le paysage, ces derniers sont aussi des dangers sociaux et économiques. Déshumanisés et temples du consumérisme ces espaces dévitalisent les centres ville et crée une dépendance de la population vis à vis d'une périphérie en béton. Pour ne citer qu'une seule dérive on peut parler des transports supplémentaires qu'elles engendrent. Une politique d'urbanisme écologique est aussi une politique prônant les commerces de proximité. On ne peut ainsi que regretter les nouveaux projets commerciaux annoncés en périphérie de l’agglomération nancéenne.
Il est aujourd'hui reconnu que la réduction des GES(Gaz à Effet de Serre) est indissociable des économies d'énergie. La réflexion sur l'urbanisme doit le prendre en compte en proposant des actions de rénovation urbaine et de l'habitat soucieuses de l’environnement. La conception des quartiers, l'architecture des bâtiments et le choix des matériaux utilisés sont autant d'occasions d'économiser l'énergie. Dommage que les six chantiers de rénovation urbaine sur le grand Nancy n’aient pas été l’occasion d’utiliser la commande publique pour mettre en valeur des techniques d’éco construction (utilisation de la paille par exemple).
Enfin la requalification des quartiers abandonnés ou délaissés (friches industriels) sont autant d’opportunités pour développer un urbanisme écologique. La crise industrielle ou le départ des militaires sont des occasions uniques pour les agglomérations lorraines de repenser la ville. J'entends par là : la densification du bâti, la mixité fonctionnelle des quartiers (mélange de l’habitat, de commerces, d’activités professionnels, et de zones de loisirs...) ainsi qu’une politique de déplacement doux et un renforcement des espaces vert. Une réflexion constructive imposerait de proposer des solutions en les illustrant d'expériences réussies et éprouvées. Je ne ferai pas dans le classique en vous citant les éco-quartiers de Fribourg en Allemagne ou de BedZed à Londres et ferai un écart en évoquant le mauvais exemple du quartier Meurthe et Cannal ou le triste projet « Nancy Grand cœur ». Bien que je respecte le travail d'Alexandre Chemetov et ne doute pas de la vision d'avenir du nouveau VIP des villes durables européennes (André Rossinot) je crois que ces exemples accumulent les divergences avec un véritable urbanisme écologique.
-----------------------------------------------------
Avant de conclure et pour synthétiser je reprendrai en six points les éléments qui me semblent important de mettre en avant. Une sorte de guide de bonne conduite non exhaustif et amendable à souhait.
· 1) La densification et la mixité fonctionnelle des espaces bâtis sont des impératifs incontournables.
· 2) La prise en compte de l’environnement doit être un préalable à la rédaction ou l’actualisation des documents d’aménagements. Par exemple le PADD des PLU doit être un véritable outil de gestion et non un alibi pour s’affranchir du problème écologique dans les plans de zonages.
· 3) La pédagogie et la formation sont indispensables pour faire évoluer les pensés et faire tomber les préjugés. La copropriété et la mitoyenneté doivent regagner leurs galons perdus depuis les années 1960 ; et les pavillons individuels, entourés de jardin délimités par un grillage ou un mur en béton, ne doivent plus être l’idéal de l’accession à la propriété.
· 4) Le calcul des coûts doit prendre en compte toutes les externalités : économie d’énergies potentielles, réduction des transports… Je ne comprends toujours pas pourquoi ma collègue de bureau est fière du nouvel appartement de son fils à Saulxures qui est à la location 30€ moins cher que le même bien situé à Laxou à coté de son travail !
· 5) Sensibiliser les citoyens à l’importance des enquêtes publics et les impliquer dans la conception des projets urbanistiques. Qui par exemple est informé de l’enquête public sur l’assainissement à Nancy ou va se rendre aux consultations pour le Scott ? Prôner la densification, la mitoyenneté et la copropriété impose de réapprendre à vivre ensemble et à partager.
· 6) Brider les projets urbanistiques par une législation priorisant le développement durable. La transcription réglementaire actuelle du Grenelle de l’Environnement révèle de la difficulté de l’exercice. L’intérêt personnel ou les enjeux électoraux des décideurs (durée des mandats) ont malheureusement souvent raison sur le bon sens et l’intérêt collectif. Répressive ou incitative, la législation doit être étudiée de manière à éviter les effets pervers tels que celui identifié avec le prêt à taux 0 qui, analyse faîte, encouragerait l’étalement urbain.
-----------------------------------------------------
En conclusion je dirais qu’il est urgent de proposer et d’impulser de nouvelles formes d’aménagements à l’échelle des bâtiments, des quartiers, des villes et des réseaux qui les relies. Les stratégies d’aménagement urbain à venir devront d’avantage intégrer les principes fondamentaux d’un développement soutenable. Gageons que l’équité sociale, le respect de l’environnement, la diversité culturelle, la participation citoyenne et une économie à taille humaine deviendront les arbitres de chaque prise de décisions.
Les politiques d’urbanisme doivent transcrire la sobriété qui s’impose aujourd’hui à l’humanité. A nous de faire émerger des idées, de proposer des scénarios et de séduire nos concitoyens pour partager un projet écologique, utile, réaliste et ancré à notre quotidien.
Pierre Mengin, le 20/10/09
[ ...] >>
Pim
Photo : pim, Sénégal mars 2009. La mangrove est l’un des écosystèmes forestiers le plus productif et le plus riche de la planète. Au Sénégal comme partout dans le monde la mangrove est détruite sous la pression de l’activité humaine. L’ONU estime que 20% de leur surface a été détruite au cours des 15 dernières années soit 3.5 millions d’hectares !
Occupant 30% de la surface terrestre, laforêt renferme 53% du carbone accumulé par les écosystèmes terrestres. Les arbres qui la composent captent le CO² atmosphérique puis le séquestrent formant ainsi un formidable puits de carbone. Un puits qui risque fort de s'assécher ! 13 millions d'hectares de forêts primaires disparaissent chaque année, soit l'équivalent d'un terrain de football toutes les deux secondes. En libérant le carbone stocké dans les écosystèmes forestiers, la destruction et la dégradation des forêts est l'une des principale cause du dérèglement climatique.
Mais les forêts ne sont pas un simple grenier à carbone ! Elles sont aussi indispensables à la survie de centaines de millions de personnes (peuples autochtones) tout en servant de refuge à plus de 50% des espèces végétales ou animales vivants sur terre. Les rôles bénéfiques des forêts sur le cycle de l'eau, la prévention des risques naturels (inondations, érosions, glissements de terrain, désertification...) ou sur la qualité de l'air ne sont plus à démontrer.
Reliant les préoccupations écologiques, sociales et économiquesauxquelles l'humanité doit aujourd'hui faire face, la forêt fait figure de priorité dans la lutte contre le changement climatique. A ce titre : la déforestation, la gestion durable des forêts et la maîtrise des stocks de carbone forestier seront au cœur des négociations de Copenhague.
Les discussions porteront tout d'abord sur la Réductiondes Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD). Elles traiteront ensuite de l’utilisation des terres, du changement d’utilisation des sols et de la foresterie (LULUCF). Enfin les débats s’orienteront sur le Mécanisme de Développement Propre (MDP) afin de favoriser les projets de reboisements. Il conviendra d'agir sur la préservation des stocks de carbone forestier mais aussi sur le renforcement des capacités d'absorptions de la forêt.
Conscients des menaces qui pèsent sur les écosystèmes forestiers et de leurs impacts sur le changement climatique nous avons aujourd’hui le devoir de nous mobiliser pour les protéger. Les forêts ne doivent pas être absentes du rendez vous de Copenhague et les négociations se doivent de donner des réponses responsables, honnêtes et équitables vis-à-vis de ces écosystèmes.
Pour que les conclusions de Copenhague ne laissent pas de place à l'hypocrisie et ne favorisent pas de nouvelles formes de spéculations et de profits, nous devrons être attentif à ce que :
- Les plantations ne soient pas considérées comme des peuplements forestiers et que les forêts primaires ou naturelles soient préservées. Il est inimaginable qu'une plantation de palmiers ou d'eucalyptus puisse compenser la destruction d'une forêt originelle !
- Le boisement et le reboisement soient exclus des financements REDD afin de lutter contre les comportements prédateurs qui détruisent les forêts primaires au profit de forêts artificielles à la biodiversité appauvrie.
- La capacité des peuples autochtones à défendre leurs droits et à subvenir à leurs besoins soient garantis. La lutte contre la déforestation est indissociable d’une collaboration avec les populations locales (transferts de compétences, partage des bénéfices, reconnaissance des droits de propriétés, respect des traditions…)
- Le maintien de la biodiversité forestière soit placé à la hauteur de la richesse inestimable qu'elle constitue.
- Des mesures drastiques contre la destruction des forêts soient prises dés aujourd’hui (on n’a plus le droit d’attendre) et qu’un système de contrôle efficace soit mis en place pour mesurer objectivement leur respect.
Chaque jour, comme des centaines d’autres, l’association « Cœur de forêt » mène des actions de plantations, de reconnaissances des populations autochtones et de protection de la biodiversité. La surface occupée par la forêt au Costa Rica est passée de 21 à 51% entre 1986 et 2006. Dans l’état du Mato Grosso au Brésil, l’ONF et Peugeot ce sont associés en 2000 dans un programme de reboisement. « L’initiative forêt » lancée par la fondation Clinton agit pour que les débats sur la déforestation évitée reposent sur des résultats scientifiques indépendants.
Les initiatives en faveurs des forêts ne manquent pas. Des exemples de réussites s’observent partout dans le monde. Malgré cela la destruction et la dégradation des forêts s’accélèrent ! Il est indispensable de s’inspirer de ces succès pour redoubler d’effort. Face à l’urgence et convaincu qu’une action ferme, coordonnée et précoce l’emportent sur les coûts de l’inaction, nous ne pouvons qu'espérer que le rendez vous de Copenhague catalysera et fédérera les énergies. Il s’agit de donner au monde les moyens de préserver son bien commun qu’est la forêt !
Gageons qu’après ce sommet crucial pour notre avenir, les forêts n’alimentent pas plus le feu du dérèglement climatique, mais deviennent le cœur de l’action mondial dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre en plus d’être le poumon de la vie sur terre.
Pim
Photo : pim, 19 septembre 2009. Un spécimen de Lobaria pulmonaria sur un érable du col du Bocklock.
Après la poussière d'un déménagement quoi de plus sympathique pour prendre une bouffée d'air qu'une randonnée dans les Hautes Vosges ? Je me suis donc octroyé samedi dernier une balade sur le massif du grand Ventron.
Créée en 1989 sur 1647 ha, la réserve naturelle du Grand Ventron a pour objet la préservation d'une forêt ayant conservé un caractère originel et un vaste réseau de clairières tourbeuses propices au Coq de Bruyère. En voie de disparition sur le massif, le Grand tétras bénéficie d'une attention toute particulière : gestion sylvicole personnalisée, limitations d'accès, suivi scientifique... Trop d'argent, de concessions, et d'efforts pour quelques poules que l'on ne voient jamais disent les sceptiques !!! Pourquoi en effet accorder une si grande importance à ce gallinacé que beaucoup considère de toute manière comme condamné à disparaître ?
La réponse tient en partie au fait que le coq de bruyère est ce que l'on appelle une « espèce parapluie ». Également surnommées « clé de voute », ces espèces ont pour caractéristiques de se développer dans un habitat très typé et aux caractéristiques bien particulières. Réussir à maintenir le Coq de Bruyère au grand Ventron revient à s'assurer de la pérennité d'une forêt naturelle à haute valeur écologique (avec le cortège faunistique et floristique qui y est associé). L'extinction du tétras entrainerait avec elle la régression voir la disparition de toutes une série d'espèces, ce qui remettrait en cause le fonctionnement de l'écosystème dans son ensemble.
Indicateur de naturalité et d'une grande biodiversité le Coq garantit par sa présence un site biologiquement remarquable. J'ai pu le vérifier lors de ma randonnée en découvrant une station de Lobaria pulmonaria que je ne connaissais pas ! Une surprise inattendue qui me permet de compter dans mes contacts botaniques une nouvelle adresse de mon lichen préféré.
Facile à identifier, Lobaria pulmonaria est un lichen très rare sur le massif Vosgien. La contraction de son aire de répartition dans toutes l'Europe lors des 20 dernières années en à fait une espèce emblématique. Lobaria pulmoria est en particulier réputé pour se développer dans des secteurs où la qualité de l'air est irréprochable (exempte de toutes pollutions acidifiantes, eutrophisantes et oxydantes). On peut dire que je ne me suis pas trop trompé dans le choix du site pour m'oxygéner !!
Autre caractéristique de ce lichen étonnant : il ne se développe que sur les arbres possédant des troncs peu acides. Ceci explique qu'on ne l'observe que sur les érables et plus ponctuellement sur les frênes ou les chênes (mais ces derniers sont sont peu présents au Grand Ventron). Au niveau de l'habitat, son optimum est les forêts peu exploitées possédant de vieux arbres et une humidité importante. Des exigences biologiques comparables en tout point à celles de notre célèbre Coq de Bruyère !!! Une illustration parfaite du concept d'« espèce parapluie » !
Pour le monde scientifique, la découverte d'une station de Lobaria pulmonaria est une chance. En plus de mettre en évidence une diversité lichénique exceptionnelle, sa présence permet de détecter et d'observer des espèces crustacés plus discrètes et plus rares (une aubaine pour les botanistes ayant oubliés leurs lunettes !)
Bien que le tétras ne se montre que rarement, on peut dire au vu de la grande variété d'espèces associée à son habitat que son ombre plane en permanence sur la forêt de Ventron. Gageons que ce Coq, gardien de la biodiversité, se maintiendra sur le massif pour avoir encore de nombreuses fois l'occasion d'observer des espèces toutes plus intéressantes les unes que les autres. En tout état de cause ma randonnée de samedi dernier fut un vrai plaisir et une bouffée d'oxygène avant de retourner à Nancy où m'attendait l'aspirateur pour donner un dernier coup d'huile de coude et profiter enfin de ma nouvelle chambre.
Pim
Photo : pim, 12 septembre 2009 : repas au coin d'un placard !
Cet été je n'ai pas pris de congés ! Tout vient à point à qui sait attendre je viens de bénéficier de quatre jours de camping à … Malzéville !!! Le week end dernier j'ai déménagé dans un nouvel appartement et le transfert de toutes mes affaires avait des allures de camps de vacances.
Des vacances tout d'abord pour les balades le long de la Meurthe armé de mon sac à dos et de ma valise à roulettes afin de transporter le gros de mes affaires. Des vacances ensuite pour les activités diverses et variées : portage de cuisinière, montage d'armoires, nettoyage de carrelages, vidage de cartons... Des vacances enfin pour la cuisine à quatre pattes sur les carrelages afin de préparer des délicieux plats de pâtes (pas salés parce que on ne se rappelle plus dans quel carton est la salière […])
Comme le dit le dicton : toutes les bonnes choses ont une fin ! Mon installation se termine et je prends tranquillement mes marques rue de l'Orme à Malzéville. L'adaptation ne devrait pas poser beaucoup de problèmes étant donné que mon lit s'est seulement déplacé d'un kilomètre vers le nord. Désormais, il ne me reste plus qu'à organiser la crémaillère !!! Après l'effort le réconfort ;-)
Pim
Photo : août 2009.Je ne sais pas si ça porte bonheur, mais un petit bisou n'a jamais tué personne.
Pour peu que l'on soit un peu curieux, trois jours à Nîmes permettent de traverser l'histoire ! Une histoire qui commence au VIème siècle av JC quand des peuples celtes s'installèrent prêt d'une source (Nemausus) au pied du mont Cavalier. Ce sont ensuite les romains qui à partir du premier siècle donneront à Nîmes sa renommée qui a traversé les âges. Les arènes, la tour Magne, le temple de Diane, la maison carrée ou encore les crocodiles sont autant de témoin d'un passé glorieux. Les crocodiles ? Le crocodile est avec le palmier l'emblème de la ville. L'origine en est la victoire d'Octave sur Antoine et Cléopâtre à Actium (autrement dit de Rome sur l'Egypte).
Si le crocodile n'est présent à Nîmes que sous forme de statue, il y a un endroit où la bête amphibie aurait pu se plaire. Il s'agit des jardins de la Fontaine. Aménagé en 1745, ces Jardins constituent le premier parc publics d'Europe. Respectant le plan du sanctuaire antique autours de la source fondatrice, l'aménagement place l'eau au cœur de la ville. Une eau d'autant plus précieuse pour Nîmes que de tout temps elle fut le moteur de la vie économique. D'abord utilisée pour faire fonctionner des moulins, l'eau de la source a ensuite été déterminante à partie du 18ème siècle pour que puisse se développer l'industrie (tissages, teintureries...). Au 19éme siècle en aval de la source, un canal fut creusé pour permettre aux usines de se multiplier et de disposer toute l'année de la ressource en eau.
Bien que matinales, mes visites m'ont fait prendre la mesure de la chaleur estivale qui règne en pays occitan! Et même si il n'y a pas de crocodiles mais des pigeons, pas de papyrus mais des platanes, les quais et le jardin de la fontaine constituent en été une balade rafraîchissante. Mais ne nous y trompons pas. Nîmes n'est pas une ville sèche ! Il y tombe en moyenne chaque année 794mm d'eau (30 mm de plus qu'à Nancy). Les pluies d'orages, capables de déverser en quelques heures une grande quantité d'eau constituent une véritable menace. Située au pied d'un bassin hydrographique de 80km² la ville souffre d'une grande vulnérabilité (vulnérabilité renforcée par des aménagements urbains souvent mal calibrés). Avec ses 200mm de précipitation, les orages du 3 octobre 1988en sont le triste exemple : 11 morts, 2000 logements sinistrés, 600 millions d'euros de dégâts !
Spécialiste des inondations, Nîmes a aussi su inonder le monde par sa créativité. L'essor de son industrie a révolutionné nos modes de vie! Un peu pressé, je laisserai les courageux qui ont lu cet article jusqu'au bout utiliser les commentaires pour trouver ce qu'ont légués les bergers Cévénols aux Cow-boys de l'ouest américain.
Pim
Photo : pim août 2009.Quercus rotundifolia, une sous espèce de chêne vert. Appelé aussi « chêne à gland doux » cet arbre est cultivé en Afrique du nord pour ses fruits au goût comparable à celui de la châtaigne. Réchauffement climatique oblige, voilà peut être le successeur de notre bon vieux châtaignier contraint de migrer petit à petit vers le nord.
Canicule, soleil, chaleur ; cette fin d’été plante le décor pour réfléchir à la question du changement climatique. Un sujet brulant qui se divise en deux grands chapitres. Le premier qui s’intéresse à la manière de limiter le réchauffement et le second qui cherche des solutions pour s’adapter aux modifications du climat. Mon expérience de vendredi dans la Garrigue Nîmoise illustre le second. Retour sur une fin d’après midi caniculaire au sylvetum du vallon des Chênes.
Perdu dans la garrigue, ce sylvetum est une expérience unique de reboisement sur plusieurs hectares. Au cœur d'un programme scientifique de recherche lancé en 1990 par « le groupement de développement forestier en garrigue », il répond à un double objectif. Le premier est d'accumuler de la connaissance pour orienter les reboisements avec des peuplements productifs supportant le passage dufeux. Le second est d'anticiper le réchauffement climatiqueen identifiant les essences aux plus forte potentialités d'adaptation. Issues de régions plus chaudes (Afrique du nord), les essences plantées sont entre autre des cèdres du Liban, du pin de Salzmann, du Cyprés de l'Arizona et de méditerranée, des chênes verts, des érables ou encore des sorbiers. Les leçons à tirer de ces expérimentations sont multiples et attirent aujourd'hui bon nombre de chercheurs et gestionnaires forestiers.
Les scénarios d’évolutions du climat établis par le GIEC (Groupe d’Expert Intergouvernemental pour le Climat) annoncent des changements significatifs d’ici moins de 20 ans. Si un sénateur s’enracine au parlement pour 6 petite années, voila plus d’un demi-siècle que les frênes devant mon appartement fixent les rives de la Meurthe !! L’avenir de la planète est plus important qu’une échéance électorale. Il est donc urgent de se projeter dans l’avenir, d'engranger de la connaissance et de s'engager rapidement sur le moyen et le long terme en prenant des décisions responsables vis-à-vis de l’environnement. C’est l’une des vertus de ce sylvetum que j'ai eu la chance de visiter.
Les quelques heures passées dans la garrigue ont débutées par une présentation des essences ainsi que des méthodes d’observation et de récolte de données. Le but est de consolider le socle scientifique indispensable à la prise de décision. Autécologie des essences, capacité d’adaptation au sol, besoin hydrique ou encore la résistance au feu sont autant d’informations indispensables pour proposer des itinéraires sylvicoles adaptés au contexte. La visite a aussi été l’occasion d’aborder les liens qui ont toujours uni la forêtet les hommes(coupe de bois, sylvo-pastoralisme, chasse, récolte de fruits…). Des pratiques ancestrales qui rappellent la dépendance de l’homme vis-à-vis de la forêt.
L’actualité estivale avec son lot d’incendie affiche chaque soir au 20h la fragilité des écosystèmes forestiers. Plus lent que le feu, le réchauffement du climat peut condamner encore plus violemment les forêts. Bien que l’on ne connaisse pas suffisamment le degré de vulnérabilité, les capacités d’adaptations et le potentiel de résilience des écosystèmes forestiers, les conséquences possibles du réchauffement planétaire sur les peuplements ne peuvent être qu'éffrayantes !!! De part ses fonctions écologiques (fixation du CO², biodiversité, cycle de l’eau, fixation des sols…), sociale (alimentation, loisirs, archéologie, patrimoine, histoire locale…) et économique (production de bois, énergies, prévention des risques, droits d’accès ou de prélèvement…), la forêt est trop précieuse pour la mettre en sursis !
La forêt est en danger, l’urgence se fait sentir et le problème est complexe. Prendre les bonnes décisions constitue une tâche ardue face à cette situation inédite aux multiples facettes. Il n’existe pas de réponse idéale maisl’urgence nous impose d’imaginer puis mettre en œuvre celle qui nous parait être la moins mauvaise. Quatre éléments conditionnent à mes yeux les chances d’atteindre cette ambition :
La réponse à la crise climatique est une responsabilité collective qui implique de repenser nos représentations et les liens qui unissent les rythmes lents de la nature et le fonctionnement chronométré de notre société. Un préalable conceptuel qui en lui-même constitue un défi. Preuve en est le retour précipité à 19h14 pour ne pas être trop en retard à la réunion de 19h30 ou le repas prévu à 20h…
Pim
Photo, pim le 14/08/09 : Les gorges de Crosery une curiosité de la voie verte qui peut aussi s’apparenter à une miniature du canyon des portes de l’enfer (article du 21/07/2008).
Il y a un an j'étais au Québec. Le temps passe vite mais les souvenirs sont encore bien présents. Quelques jours de congés, du soleil et des choses à découvrir me rappellent les bons moments de mes pérégrinations cyclistes outre atlantique.
Une invitation au restaurant à Remiremont fut l'occasion de renouer avec le rythme de mon ex vie Canadienne. Quand on a le temps et qu'il ne pleut pas, se déplacer en vélo est un luxe gratuit trop souvent oublié. On se surprend alors à redécouvrir et faire connaissance avec des paysages que l'on traverse tous les jours […] sans même les regarder. La vitesse, la recherche du rendement et une attitude de consommateur nous font oublier qu'autour de notre Train de vie à Grande Vitesse il existe encore un peu de Nature.
Après avoir avalé une tartine de pain grillé avec le café du matin (à la Bresse on ne trouve pas de Beagle, article du 03/08/2008), j'enfourche mon vélo pour ma journée de pédalage. Sur deux roues, descendre la vallée de la Moselotte est un vrai plaisir grâce à « la voie verte des Hautes Vosges ». Au cœur de la forêt, au milieu des pâturages, le long de la rivière ou encore perdu dans des champs de maïs, la piste nous guide dans l'une des plus belles vallées vosgienne qui a su habilement marier les activités humaines (agriculture, habitations, usines, scieries…) et une grande richesse écologique héritée de ses origines glaciaires.
Inaugurée en 1999, la voie verte emprunte le tracé de l'ancienne voie ferrée qui a relié jusqu’en mai 1989 Cornimont à Remiremont. Après 30 km de balade j'arrive donc à la gare de la célèbre cité des chanoinesses, juste à coté du TGV en partance pour Paris-Est. La matinée de vélo est terminée. Il commence à faire faim et ça tombe bien puisque c’est la gastronomie qui a motivé la balade. Le restaurant fut au-dessus de toutes attentes. Grand merci à Odilequi m’a fait découvrir l’une des meilleures tables du centre ville. A 14 heures c’est l’heure pour certain de retourner au bureau (pas de chance) et pour moi de prendre le chemin du retour ;-) (vive les congés).
Pour rentrer, je décide de quitter la piste multi-activité au niveau du village de Vagney et de rejoindre la Bresse par le col de la croix des moinats. Les mollets chauffent et la digestion n'est pas terminée […] C'est le moment de mettre la moulinette et de laisser aller ses pensés. Il m'a fallu moins de deux heures pour descendre la vallée. Lorsque je prends les transports en commun, le bus fait le même trajet en 1h03 minutes ! En voiture on roule environ 30 minutes. Pour un peu que le bus soit en retard, il deviendrait presqueplus rapide d’adopter la bicyclette […] Une aberration en milieu rural et dans un contexte de moyenne montagne ! Si l’on ajoute à ce constat, le faible nombre d’aller-retour/jour en bus et la complexité du système (3 compagnies avec des grilles horaires différentes et distinctes) on se dit que réfléchir et agir en faveur des transports en commun ne serait pas peine perdue […]
En attendant une offre de transport en capacité de convaincre et d’attirer la population versles transports collectifs je poursuis mon ascension du col en prenant soin de bien serrer à droite ! Il serait dommage de ralentir les motards ou les automobilistes pressés utilisant comme raccourcis les routes de montagne (par le col on peut gagner jusqu’à 5 minutes sur le trajet Remiremont – La Bresse) [...] Consolation : le beau temps et la qualité des paysages qui estompent le bruit des moteurs.
Au Québec, les randonnées en vélo se concluaient par un arrêt à la crémerie pour acheter une boule de glace à l’érable enrobée de chocolat. La traduction vosgienne fût un arrêt au gîte de Vosges en Marche où bouillait la confiture des mures cueillies le matin et où commençait à chauffer le four à bois pour cuire les flamenkuch du soir. Autant dire que le dernier tronçon jusqu’à la Bresse n’a pas rimé avec fringale ! Ceci d’autant plus que le soir même, les voisins nous invitait à manger un baeckoff qui n’est rien d’autre que la version française de la « cipaille » Québécoise (voir l’article du 07/08/2008). Belle conclusion pour cette journée ponctuée de parallèles avec mon expérience dans la belle province.
Gastronomie mise à part, c’est au sujet des transports qu’il serait intéressant de pousser la comparaison avec le Québec. Si dans la province canadienne les voyages en train sont balbutiants (privatisées, les compagnies ferroviaires préfèrent investir dans le transport de marchandises) nous pourrions dans plus d’un domaine prendre l’exemple Québécois. La qualité des services de bus et l’organisation des réseaux de covoiturage ont de quoi nous faire envie. Mais plus encore, ce sont les infrastructures mises en place pour les cyclistes qui rendent jaloux les français adeptes du vélo (article du 28 août 2008). Avec seulement 2 600 km de « voie verte » la France ne fait pas figure de modèle ! Espérons que la qualité de notre « voie verte des Hautes Vosges » (qui mine de rien représente 2% du réseau national) fasse des émules et que les circulations douces occupent enfin la place qu’elles méritent dans les politiques d’aménagement du territoire.
Pim
Photo : Pim, automne 2008. Des paysages magnifiques et aériens. Col le plus haut des Vosges, la Schlucht culmine aussi dans les statistiques de concentration en ozone.
ALERTE !! En île de France, dans le Var et dans les Bouches du Rhône, le niveau d'alerte de pollution à l'ozone a été dépassé ! Ensoleillement important et faible vitesse du vent sont les principaux coupables de ce dépassement du seuil fatidique des 240 micro-grammes par m3 d'air. Pendant deux jours, l'ozone a joué la vedette parmi les multiples polluants que l'on respire quotidiennement. Mais au fait c'est quoi l'ozone?
L'ozone, de formule chimique O3, est un gaz à deux visages! Dans les basses couches de l’atmosphère, appelées la troposphère (entre le sol et 10 km d’altitude), l'ozone agit comme un polluant alors que dans les hautes couches de l’atmosphère, appelées la stratosphère, il agit comme une protection contre les radiations nuisibles du soleil (la fameuse couche d'ozone). Laissons de coté la célèbre couche percée et concentrons nous sur l'ozone troposphèrique responsable de nos pics de pollutions estivaux.
Résultant de la transformations chimiques de polluants primaires (appelés précurseur) sous l’effet du rayonnement solaire, l’ozone troposphérique est qualifié de polluant secondaire. Les polluants précurseurs de l’ozone sont essentiellement les oxydes d’azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV). Les oxydes d’azote sont émis par les transports routiers (49%) ainsi que par l’industrie et la production d’énergie (23%). Les émissions de composés organiques volatils proviennent à 29% de l’utilisation de solvants (usage domestique, bâtiment et industrie), du transport routier (25%) et de sources naturelles (21%). En présence des précurseurs, les paramètres favorables à la production d’ozone sont : une température élevée, une durée d'insolation importante et la présence d'air stable (absence de vent).
Ensoleillement important, faible vitesse de vent, précurseurs provenant de la pollution automobile ou industriels : tout va bien. Ma fin de semaine dans les Hautes Vosges va m'épargner d'être sous la coupe de cette terrible menace! On est tenté de penser que les congés à la montagne ou à la campagne lors de ces épisodes de pollutions tombent à pic. Et bien il n'en est rien !! Même si cette semaine notre région n'est pas concernée par l'alerte elle n'en reste pas moins concernée par la pollution à l'ozone. L'analyse du contexte Lorrain est d'ailleurs intéressant.
Avant de partir sur les sommets de la ligne bleu des Vosges je suis allé me balader dans les statistiques d'Atmolor (organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air en Lorraine). Innocemment, j'ai sélectionner 4 stations de mesures : la Schlucht, Gerardmer, Remiremont et la gare de Nancy. En ce qui concerne l'ozone les résultats sont à première vue surprenants !!! Quand les concentrations au col de la Schlucht oscillent entre 65 (janvier) et 90 micro grammes/m3 (juin), les concentrations mesurées dans les trois autres stations ne dépassent jamais 55 micro grammes/m3 !! Il n'y a pas photo : pour la concentration d'ozone l'air pur supposé du col de la Schlucht est le leader.
L'explication tient en deux points. Le premier est que l'insolation est plus forte en altitude. Le second tient en la présence importante de précurseurs issus de composés terpéniques produits par la végétation en période de forte chaleur (notamment les conifères et les feuillus tels que le bouleau). La forêt de montagne un pollueur! On aura tout entendu! Eh bien non! La campagne et ses champs sont tout aussi compétitifs dans le domaine. Les engrais azotés qui pour la France représentent en été plus de 6 fois la pollution automobile génèrent une grande quantité de NO2, le principal précurseur de l'azote […]
Une remarque cependant : les fortes concentrations d'ozone au col de la Schlucht s'expliquent en partie par l'activité de l'écosystème forestier. Une pollution plus naturelle donc que celle que l'on trouve sur le viaduc Kénédy. Ceci d'autant plus que les chiffres énoncés ici sont des moyennes mensuelles qui gomment les pics journaliers (plus violent dans les zones urbanisées et sur le réseau routier). Il n'est donc pas question de bouder les randos au Col de la Schlucht. De plus si l'on veut se prémunir des irritations du nez, des yeux, de la gorge, des altérations de la fonction pulmonaire, des essoufflements ou des toux consécutifs de la pollution à l'ozone, il existe une solution. L'astuce est d'aller observer les chamois! La rencontre avec ces derniers se déroulant à l'aube ou au crépuscule (périodes où l'ensoleillement est minimum), le créneau horaire est peu favorable à la formation d'ozone.
Cet exemple montre que la pollution est parfois insidieuse et se cache là où on ne l'attend pas. Les excès de l'activité humaines se font sentir jusque dans les espaces qui nous semblent posséder la plus grande naturalité. A l'heure où les abeilles meurent dans les campagnes et trouvent refuge dans les villes (exemple de Londre), n'est il pas temps de repenser nos relations et notre comportement vis à vis de l'environnement ?
Pim